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Erwan Maury : « J’ai été plus que surpris, j’ai été déçu »

Au début de la saison, certains joueurs ont été mis au placard par le RAF, Erwan Maury en faisait partie. AllezRodez.com est allé prendre de ses nouvelles. Le milieu de terrain, qui a rejoint Concarneau en septembre, souffre d’une lésion au ménisque, mais se remet peu à peu. Il nous dit tout sur son départ du RAF et sur ses beaux moments passés dans l’Aveyron.

Les supporters du RAF n’ont pas eu de tes nouvelles depuis longtemps, comment vas-tu ?

J’ai une lésion au ménisque, au genou où j’avais déjà été opéré des ligaments croisés. Il y a eu des complications, j’ai été immobilisé presque un mois avec un genou énorme. Mais sinon ça va franchement, je me suis bien acclimaté ici mais d’un point de vue football il ne pouvait rien m’arriver de pire que de me blesser, mais la vie ici c’est top, le groupe est bien et vivre au bord de la mer c’est sympa (rires).

Où en es-tu dans ta rééducation ? 

J’ai remis les crampons, j’ai repris la course mais il faut que je muscle encore ma jambe droite pour consolider tout ça. J’en ai encore pour un petit peu de temps. Il faut que cela soit stable avant de reprendre.

Edwin Maanane a lui aussi rejoint Concarneau cet été et est malheureusement blessé…

Il a une bonne galère au niveau des cervicales qui rentrent en contact avec la moelle épinière donc il est dans l’attente de savoir ce qu’ils vont faire, la saison est terminée pour lui en tout cas.

Au début de la saison justement, tu as été mis de côté par le RAF, tu as donc quitté le club, c’était ta décision ? 

C’est le club qui m’a fait comprendre qu’il ne comptait plus sur moi. Il y a eu plusieurs imbroglios. À la limite, ne pas respecter le joueur je veux bien, mais quand tu commences à ne plus vraiment respecter l’homme ça devient un peu plus compliqué. Je faisais tout pour trouver une porte de sortie mais par les temps qui couraient cela n’était pas simple. Il y avait des clubs intéressés mais qui ne pouvaient pas forcément m’accueillir.

Vous étiez plusieurs dans ce cas… 

Oui, on a vécu des choses particulières, je ne pensais pas qu’on pourrait les vivre à Rodez. On a été mis à l’écart. Il y a eu des choses moyennement classes et j’étais surpris. Ils en sont même arrivés à nous mettre des congés forcés à un moment et ils nous obligeaient à nous entraîner avec la réserve, d’un point de vue humain c’est pas top.

« On avait l’impression que personne ne voulait assumer ce qu’il se passait »

Comment le club t’a expliqué qu’il ne comptait plus sur toi ? 

Au début de la saison, le coach disait qu’on était un groupe avec pas mal de joueurs et que cette année le but était de restreindre un peu l’effectif. Au début, il y avait tout le monde au moment de la réathlétisation. Il nous disait qu’à partir du stage qu’on ne pourrait de toute façon pas ramener tout le monde. À partir du moment où ils sont allés en stage, on a été mis entre guillemets en congé forcé, on nous a pas vraiment demandé notre avis, avec la Covid ils pouvaient se le permettre. On a été à l’arrêt presque une semaine alors qu’on avait repris depuis une semaine. On savait que peu importe ce qu’on ferait, ça serait bouché pour le reste de la saison. Le problème sur le début de saison c’est qu’on a eu plusieurs sons de cloches. Quand le coach nous disait que c’est la direction qui a fait que… et quand la direction venait nous parler et nous disait oui le coach a décidé que… ça se relançait tout le temps la balle donc c’était frustrant. On avait l’impression que personne ne voulait assumer ce qu’il se passait. Je ne suis pas là pour ternir les images mais ça ne s’est pas passé comme ça aurait pu se passer.

Quel était ton ressenti à ce moment-là ? 

J’ai été plus que surpris, j’ai même été déçu. En arrivant, on prônait un état d’esprit où c’était le club familial et c’était vraiment le cas au début, on a vécu des choses vraiment incroyables, notamment sur l’année de la montée. D’en arriver là, ça m’a fait comprendre que c’est un club qui va devenir « lambda » avec des valeurs qui se perdent peut-être progressivement. Je ne suis peut-être pas très objectif mais quand je vois des choses qui se passent voilà… Mais ça fait partie du métier, le foot c’est comme ça.

Ça doit être difficile pour un joueur de football professionnel…

J’ai su pas trop mal le gérer en me disant que c’était une situation qui ne durerait pas forcément une éternité et qu’au lieu de se lamenter sur son sort, il fallait essayer de la bonifier. On s’est entraîné pas mal avec le groupe de la réserve, on a essayé de prendre les jeunes sous notre aile et de se maintenir en forme pour les futurs projets.

Les supporters du RAF t’appréciaient. Beaucoup se sont offusqués de ta mise à l’écart en début de saison.

À la fois ça fait plaisir mais à la fois c’est frustrant, car il y avait moyen de faire de belles choses. En tout cas c’était réciproque et c’est sûrement qu’il y avait de bonnes raisons aussi. Il aurait fallu peut-être que le coach m’apprécie un peu plus on va dire.

Quels souvenirs gardes-tu de tes deux saisons au RAF ? 

Il y a plus de positif que de négatif, je ne me focalise pas que sur la fin car ça serait bête de garder que ça en tête. Des amitiés fortes que j’ai su créer la-bas, c’est ce que j’aime le plus dans le football. La montée en Ligue 2, sur le papier, ce n’était pas vraiment prévu. 

« De voir Lionel Mpasi numéro un, ça me met du baume au coeur »

Erwan Maury dans les bras de Lionel Mpasi.

Tu suis les matchs du RAF cette saison ? 

Je regarde et je suis les performances des collègues et la chose qui me fait le plus plaisir c’est de voir Lionel Mpasi numéro un, ça me met du baume au coeur. Il était déjà méritant quand il y avait Arthur mais Arthur était irréprochable il n’y avait pas photo. Il est maintenant récompensé pour son travail de l’ombre.

Que penses-tu de leur première moitié de saison ? 

Ce n’est pas évident. Souvent ce n’est pas la première saison la plus dure mais celle d’après. Les recrues se sont peut-être moins mises au diapason que la saison précédente. Il y avait aussi un nouveau système, il faut savoir jongler, c’est pas toujours simple. C’est bien qu’ils se redressent actuellement.

S’il y avait un ou deux joueurs qui sortent du lot, tu dirais qui ?

David Douline au milieu qui m’impressionne. Et je trouve que Nath Dieng en défense n’est pas forcément récompensé par ses prestations et son potentiel. Pourtant il ne fait pas forcément des mauvaises performances, je pense que pour lui c’est dur à vivre au quotidien. Dans les nouveaux, celui qui m’a impressionné c’est Jo Leborgne.

Une anecdote à raconter sur ton passage à Rodez ? 

Il y a ce que je peux raconter et ce que je ne peux pas raconter (rires). On peut parler d’une soirée sur Paris après la plus ou moins validation de la montée en Ligue 2 suite au match à Quevilly. C’est une soirée qui restera dans les annales. Je pense que mes compères de cette soirée se reconnaîtront, on s’en souviendra pendant longtemps, c’était à côté des Champs Élysées, c’était plutôt sympa. 

Quelle est la suite pour toi ? 

Il faut que je revienne au plus vite sur les terrains. Je suis venu ici sous forme de prêt mais c’est comme si j’avais résilié sauf que plutôt que le club me fasse un chèque pour les mois qui manquaient, ils ont fait un chèque ici au club, comme ça ça leur permet de me payer le salaire. J’ai plus fait un choix sportif que financier comme souvent. À la fin de la saison je serai libre, je me plais ici, il faut que je joue et on verra bien. J’aime bien bouger mais je ne veux pas être celui qui change de club tous les ans.

Avant de se quitter, un petit mot pour les supporters du RAF ?

Je les remercie pour le soutien et l’affection qu’ils m’ont donné. Je m’excuse presque de ne pas avoir pu les saluer dignement mais on ne me l’a pas forcément permis. C’est le regret que je peux avoir. En tout cas, je me souviendrai de Rodez.

AllezRodez.com remercie Erwan Maury pour cet entretien et lui souhaite une bonne continuation ! Nous suivrons de près ses futures performances.

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