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H. Foucras : « Humainement, l’expérience de vie est unique »

Hendrick Foucras, ancien joueur du Rodez Aveyron Football, s’est livré, sans concessions, pour AllezRodez.com. Dans cet entretien, il se confie sur son passage à Rodez qu’il qualifie d’échec mais dans lequel il avoue avoir beaucoup appris. Puis il explique son choix de rejoindre la Polynésie française et le club de l’AS Vénus, avec qui il participera, en juillet prochain, à la Ligue des Champions d’Océanie.


Est ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Hendrick Foucras, j’ai 23 ans, j’ai commencé le foot à Montbazens – Rignac jusqu’à mes 13 ans. Ensuite j’ai rejoint le RAF où je suis passé par les u14 élite, u15 élite puis les deux années u17 dans le championnat National où je me suis régalé. Jusqu’à intégrer le groupe fanion à l’âge de 18 ans. Je suis resté dans le groupe pendant trois saisons.
Ensuite Laurent Peyrelade n’a pas souhaité me conserver dans le groupe Ligue 2 et j’ai préféré faire le choix de ne pas rester dans le groupe réserve et de partir à l’assaut d’une nouvelle aventure dans une équipe première. Et je me suis retrouvé avec Montluçon, puis maintenant à Tahiti. 

Quand tu dis que le coach Laurent Peyrelade n’a pas voulu te garder, tu l’as su directement ou il te l’a fait comprendre ?

Il me l’a dit directement. En fin de saison, tous les joueurs ont des entretiens individuels avec le coach. C’est là qu’il m’a dit clairement que je ne m’entrainerais plus avec la Ligue 2. Il m’avait quand même dit que j’aurais pu faire quelques entrainements avec le groupe Ligue 2 dans la saison mais je me suis dit que c’était le moment de voir autre chose pour essayer de rebondir derrière.

« J’ai un regret c’est vrai parce que je pense que je n’ai pas eu ma chance »

Hendrick, à propos de la saison 2019/2020


Qu’est ce que tu retiens alors de ton passage à Rodez ? 

C’était un plaisir de vivre avec le groupe la montée en Ligue 2, même si je n’ai pas joué un seul match de championnat c’était un super moment. Mais dans le fond j’ai vécu cette saison 2019/2020 comme un échec. Le fait de ne pas être conservé notamment. 

Un « échec » qui s’accompagne de regret ou de frustration ?

J’ai un regret c’est vrai parce que je pense que je n’ai pas eu ma chance. Je ne dis pas d’être titulaire parce qu’il y avait beaucoup de joueurs avec de l’expérience. Mais ne serait-ce que d’être sur le banc cela m’aurait permis de me sentir plus impliqué, plus concerné, d’être plus présent avec le groupe. Et c’est ce que je regrette. Après ce sont des choix du coach donc je les respecte, mais j’aurais aimé y participer un peu plus sur le terrain. Et même la saison de la montée du CFA au National, je n’ai pas eu ma chance non plus alors qu’on était sur de monter et il restait encore quelques matchs, je pensais à ce moment là avoir droit à quelques minutes sur le terrain. C’est comme ça. 

C’est donc à ce moment là que tu décides de partir, après cette saison du titre en National, pour jouer avec Montluçon, un club pensionnaire de N3.

J’ai eu le contact grâce à Jérémy Mellot, il est de là-bas donc il connaissait le coach et le président. C’est lui qui m’a conseillé au club, ils ont décidé de lui faire confiance et ils m’ont pris. C’était une super saison, un très bon groupe, qui vit bien. On jouait le haut de tableau, on jouait même la montée. On était quatrième à quatre points du premier et on était vraiment déçu que la saison soit coupée comme ça (pour cause de Covid-19, les championnats de France de football ont été arrêtés à partir du 13 mars 2020, NDLR). Il y a du coup un gout d’inachevé avec Montluçon. On pouvait vraiment aller chercher quelque chose parce qu’on devait encore recevoir le premier chez nous. Le Covid en a décidé autrement.
Individuellement, c’était une super saison. J’avais joué tous les matchs de championnat, je faisais une bonne saison et je comptais beaucoup sur cette fin de saison pour essayer de viser plus haut, pourquoi pas une N2 ou une N1. La saison d’après elle se termine en novembre 2020, on a fait que cinq matchs donc on ne peut pas la compter.

Et donc tu décides de signer à Tahiti. Je sais que Rodez a joué à Tahiti contre l’As Tefana le 11 novembre 2017 en Coupe de France, et tu étais de ce merveilleux voyage. C’est une des raisons pour lesquelles tu as signé là-bas ?

C’est vrai que le fait d’être allé à Tahiti il y a trois ans a aidé à ce que ce transfert se réalise. L’AS Vénus, le club où je suis actuellement et notamment le coach Samuel Garcia, le coach, ont des contacts avec le RAF, et notamment avec Grégory Ursule. Le coach de l’AS Vénus a demandé à Ursule s’il connaissait un défenseur, car le club voulait se renforcer dans ce secteur. Gentiment « Greg » m’a conseillé à ce club en lui expliquant que j’étais du voyage de ce match de Coupe de France en 2017. C’est comme ça que cela s’est fait. 

« Je me devais de saisir l’opportunité, ne serait-ce qu’humainement, l’expérience de vie est unique et c’est fabuleux »

Hendrick, à propos de sa signature à Tahiti


En France métropolitaine on connait très peu ce championnat de Polynésie. Est ce que tu peux nous en dire plus là dessus ?

Le championnat où je joue c’est l’équivalent de la Ligue 1 en France en fait, c’est-à-dire que c’est le plus haut niveau de Polynésie. Le championnat est composé de 13 équipes. Le club où j’évolue, l’AS Vénus, fait partie du top 3 de ce championnat. Cette saison à cause du Covid on aura pas le temps de terminer le championnat et on va devoir jouer des play-off pou savoir qui descendra et qui remportera le championnat.

Qu’est ce qui t’a motivé à rejoindre cette équipe, à l’autre bout du monde ?

Personnellement le projet qui m’a le plus enthousiasmé c’est que le club joue cette saison la Ligue des Champions Océanie. Elle se déroulera en juillet en Nouvelle-Zélande. Le format c’est classique, quatre poule et quatre équipes dans chacune de celles-ci, seule différence c’est qu’il n’y a pas de match retour comme en Europe. C’est donc trois matchs en poule puis quart de finale, demi finale et finale, en espérant y être ! C’est à cause, encore une fois, de ce qui se passe avec le Covid qu’ils organisent cette compétition sur un mois à un seul endroit. D’habitude c’est un format plus classique. 

Sur l’AS Vénus, le club que tu as rejoint, tu peux nous en dire plus ?

L’AS Vénus c’est une référence à Tahiti, entre la coupe et le championnat, ils ont un beau palmarès. Il y a on va dire trois à cinq clubs vraiment réputés ici, puis ensuite ce sont des équipes plus faibles, avec lesquelles il y a souvent des gros scores.

Tu t’inscris sur du long terme dans cette aventure ?

Pas vraiment. Ensuite, à voir comment ça se passe. Mais pour l’instant c’est un projet jusqu’à fin juillet. L’objectif est de voir si des opportunités peuvent ensuite s’ouvrir ailleurs, en France ou dans d’autres pays notamment. J’imagine cette aventure comme un tremplin. À ce jour je m’estime privilégié, car en France le championnat risque de ne pas reprendre, et moi je joue au foot là (rire). Je me devais de saisir l’opportunité, ne serait-ce qu’humainement, l’expérience de vie est unique et c’est fabuleux. 

J’ai envie de revenir sur le RAF maintenant, tu gardes contact avec le club ?

Oui bien sur j’ai gardé contact avec beaucoup de monde là-bas. Déjà quand j’étais à Montluçon je rentrais souvent pour voir la famille donc j’en profitais pour voir mes amis au club. Je garde contact avec des joueurs, d’ailleurs beaucoup m’ont félicité pour cette signature à Tahiti et ils étaient content pour moi. Je suis encore leur performance notamment cette saison. Leur seconde partie de saison est formidable donc j’espère qu’ils vont se maintenir. Rodez ça reste quand même mon club de coeur.

Comme tu dis, malgré les regrets, ça reste le club que tu as connu à tes 13 ans et qui t’a offert ta formation.

Voilà quand on est sportif on a un esprit de compétiteur, on vise toujours plus haut, on veut toujours prouvé et donc on est frustré quand on n’a pas notre chance. Mais bon comme je l’ai dit ça reste des choix de coach, et je peux pas en vouloir au club. À Rodez ça s’est toujours bien passé, que ce soit dans les catégories jeunes ou dans ma progression. M’entraîner avec des joueurs de Ligue 2 au quotidien ça m’a fait progressé. Je leur dois beaucoup quand même. Même si de mon point de vu ça reste un échec. 

Tous propos recueillis par Nathan Themines pour AllezRodez.com

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