Connect with us

Anciens

Pascal Auréjac : « On donnait le maximum sur le terrain pour les supporters »

Pascal Auréjac, 3 mai 2019, lors des 90 ans du club.

Dans le cadre de l’anniversaire des 30 ans de l’épopée de Rodez en Coupe de France, nous vous proposons cette fois l’interview grand format de Pascal Auréjac. L’ancien piston gauche emblématique de Rodez a accordé un entretien exclusif à AllezRodez.com. Désormais Libraire à Saint-Chély-d’Apcher, il se livre sur sa vision du football actuel et se rappelle les bons souvenirs passés à Rodez.


Pascal, pourriez-vous nous raconter votre parcours de footballeur ?

J’ai débuté au Stade Clermontois, à 16 ans j’étais dans l’équipe fanion. On jouait contre les réserves pros de Lyon, Auxerre, Saint-Etienne… On a été finaliste en 4ème Division. Les moyens étaient limités. A 18 ans j’intègre pendant 2 saisons le centre de formation de Marseille. J’étais en concurrence au poste d’ailier gauche avec Eric Di Méco. J’ai refusé d’effectuer ma 3ème année à Marseille car j’avais fait le tour.
De 1984 à 1988 je joue au Clermont Foot qui venait de se créer. Clermont Foot était la fusion du Stade-Clermontois et de l’Association Sportive Monferrandaise.

Et en 1988 vous arrivez à Rodez…

En effet sous l’égide de Lucien Trébuchon qui connaissait bien Michel Poisson, j’effectue un essai. Cela se passe bien et je signe à Rodez alors en 2ème Division. Au début j’étais pion à mi-temps au collège de Baraqueville où Michel Poisson était professeur puis je suis devenu professionnel.
Je jouais attaquant et lors d’un match contre Louhans-Cuiseaux, Michel Poisson me titularise piston gauche. Je ne quitterai plus ce poste. Nous descendons en 3ème Division à l’issue de cette première saison en D2. Je suis resté, les relations humaines avec le coach Michel Poisson, le Président Jacques Larqué et Ali Rachedi, Directeur sportif, étaient très fortes. On remonte en D2 dans la foulée, en 1990, à l’issue d’une saison nerveusement éprouvante. En effet nous possédions un groupe taillé pour jouer la montée. Nous avions la pression. D’ailleurs je me rappelle d’un match contre Châtellerault alors leader, nous faisons 0 à 0 dans un match physique et dans un Paul Lignon plein. L’équipe de Châtellerault prendra très peu de points par la suite. On arrachera finalement la montée à Mont-de-Marsan.

Vous jouerez les 3 saisons suivantes en D2 avec Rodez ?

Oui jusqu’au dépôt de bilan en 1993, j’ai pris du plaisir de jouer en D2 avec Rodez. J’ai fini ma carrière de joueur à l’Entente Nord-Lozère.

Avez-vous été sollicité par d’autres clubs ?

Montpellier, Lens ainsi que des clubs des D2 étaient intéressés, mais j’ai fait le choix du coeur en restant à Rodez.

Quels joueurs vous ont le plus marqué à Rodez ?

Je pourrais tous les citer mais je vous dirais Jean-Luc Vinuesa pour sa technique, Frédéric Alcaraz pour son abattage mais j’ai une pensée toute particulière pour Tino Ricard qui après une grave blessure au genou contre Bastia est passé près d’une belle carrière.

« On retrouvait les supporters autour d’un verre à la buvette de Paul Lignon, nous refaisions le match »

Que pensez-vous du RAF en Ligue 2 ?

Je n’ai pas vu le temps défiler. A partir du jour où j’ai arrêté j’ai moins suivi le foot. Je suis très heureux du retour du club à ce niveau. Je suis les résultats mais je reviens rarement à Paul Lignon. J’étais revenu en 2019 pour les 90 ans du club à l’initiative de Pierre-Olivier Murat et Grégory Ursule. Après il est vrai que je ne me reconnais guère dans le football actuel avec des intérêts financiers grandissants. Je suis ravi que les supporters ruthénois puissent à nouveau voir des matchs de ce niveau. Je souhaite au club le meilleur dans ce championnat.

Vous étiez revenu voir votre fils jouer au rugby à Paul Lignon ?

Effectivement pendant 4 ans je venais supporter avec plaisir et fierté mon fils Rudy à Paul Lignon qui jouait pour le Stade Rodez Aveyron.

Que vous manque-t-il le plus dans le football ?

Sans hésiter le vestiaire, cette pression d’avant match, cette tension palpable, l’odeur du camphre et cet entre-soi. Même si je donnais cette image d’homme fort j’étais un grand stressé. Sur un terrain vous n’aviez pas le droit d’être faible. Le secret du vestiaire liait les joueurs. Ce qui me manque le plus c’est cette adrénaline avant le match, plus que le match lui même. Je ne comprends d’ailleurs pas comment de nos jours une caméra puisse s’immiscer dans le vestiaire avant les matchs. A notre époque c’était inimaginable, le vestiaire c’était sacré.
Je me souviens avant le match de Coupe de France contre Metz en 1991, on a fendu la foule et je n’ai même pas répondu à mon père qui me saluait, je n’ai même pas pu m’échauffer sur le terrain… J’étais très tendu. Paul Lignon était plein comme un œuf, dans une ambiance incroyable et une liesse populaire indescriptible. Les après matchs me manquent aussi. J’aimais ce moment également, c’était différent des avant matchs. On retrouvait les supporters autour d’un verre à la buvette de Paul Lignon, nous refaisions le match. C’était important de partager un bon moment avec les supporters, c’était vraiment agréable et convivial. On ne pouvait pas tricher et on donnait le maximum sur le terrain pour les supporters.

« Paul Lignon plein, un vrai chaudron, les gens venaient de toute la région pour nous encourager »

Quelle est votre vision du football ?

J’aime le football vertical, en jeu long avec des centres et des duels. Comme nous jouions dans les années 90 avec Michel Poisson. C’est très bien, ce n’est pas du tout péjoratif. Avec Rodez, par exemple, je jouais piston gauche et Jean-Luc Vinuesa me décalait et je centrais en première intention, direct, pour trouver Alexandre Krstic ou Jeff Pradier. Je savais où centrer. Tous les deux étaient des supers attaquants avec des styles différents. On se comprenait parfaitement. Avec Philippe Bobeck, nous passions des heures à nous entraîner sur les centres. J’ai appris à centrer par mimétisme en regardant Sarramagna, ailier gauche du grand Saint-Etienne.
La notion de groupe était primordiale. A Rodez nous étions une équipe soudée. Michel Poisson était à la base de tout. J’ai un grand respect pour Michel. Il y a avait aussi Ali Rachedi, directeur sportif, qui connaissait le foot sur le bout des doigts. C’est le joueur qui fait le public et qui donne le tempo, cela peut passer par un tacle par exemple. Avec Michel Poisson nous étions au top physiquement, nous n’étions peut-être pas toujours bons mais on se donnait toujours à fond.
D’ailleurs j’ai une anecdote. En 1989, j’entends le président de Nîmes, Jean Bousquet, dire que le stade Paul Lignon était nul et nous prendre pour des « paysans ». Je répète ça à Philippe Bobeck et aux copains pour les motiver. Je ne sais pas si c’est cela qui a joué, en tout cas on a gagné (rires).

Pouvez-vous nous raconter vos meilleurs souvenirs de l’épopée de la Coupe de France en 1991 ?

Avant le match de Saint-Gaudens Alain Rolland dit à toute l’équipe avoir rêvé que nous allions en finale au Parc des Princes. Nous nous rappelions tous son rêve avant chaque tour comme un leitmotiv.
La victoire à Istres, 0 à 1, est un élément déclencheur dans ce parcours. Nous n’avions jamais gagné à Istres avant cette rencontre. Istres était une très grosse cylindrée.
Les mises au vert à Entraygues restent également des moments gravés. Tous les entrayols étaient vraiment gentils. On se préparait sur le terrain municipal, c’était un cadre idéal.
Je retiendrai particulièrement lors des victoires contre Metz et Sochaux la liesse populaire à Rodez, les Kops, les fumigènes, tous les supporters à Rodez, cette foule, Paul Lignon plein, un vrai chaudron, les gens venaient de toute la région pour nous encourager. C’était vraiment spécial, une sensation indescriptible.
La victoire à Annecy, 0 à 2 en 1/8ème, était également mémorable. Nous n’avions jamais gagné là bas. Il y avait un train spécialement affrété pour nos supporters. Nous étions rentrés en avion dans la nuit et le lendemain matin nous les attendions à la gare de Rodez pour fêter la victoire. C’était fantastique !

Paulo Toutain

Cliquez pour commenter

Laissez un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Anciens