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Thomas André (Blavozy) : « Notre cote est à 99 mais j’y crois ! »

Crédit photo : Le P’tit sportif

Ce samedi à 17h, Rodez fait son entrée en Coupe de France face à l’US Blavozy. AllezRodez.com est allé à la rencontre de Thomas André, courtier en prêt immobilier de 36 ans et capitaine du club de Haute-Loire. Celui qui a toujours évolué sous le maillot de l’US Blavozy, hormis deux saisons au Puy Foot en séniors, se livre avant cette rencontre historique pour le club de R1.

Premièrement, comment vous sentez-vous à quelques jours d’affronter Rodez, un club de Ligue 2 ?

Nous sommes tous excités d’affronter cette équipe. Il faut le voir comme une chance. Pour moi je sais que c’est la dernière occasion mais même pour les plus jeunes, ça sera peut-être leur seule occasion de leur carrière. Il faut donc profiter du moment présent.

Profiter avec le public également, ça sera une belle fête…

Oui c’est sûr que ça sera un magnifique moment. Tout le monde s’organise pour que ça soit une belle fête pour le club. Les gars nous ont vraiment soutenu les tours précédents. C’est une récompense pour tout le club. Je crois que les supporters ont prévu pas mal de choses avec des drapeaux, écharpes, mégaphones, toute la panoplie du bon tifosi ! Leur soutien est indispensable. Merci à eux de se mobiliser autant : vous nous avait fait rêver.

Comment se passent les entraînements cette semaine, c’est différent ? 

Les entrainements se passent bien. Pas de pression particulière : nous n’avons rien à perdre. On se prépare pour gagner le match. Il n’y a pas d’entrainements supplémentaires et on espère juste ne pas se blesser !

C’est une rencontre historique pour le club, c’est la première fois que l’US Blavozy arrive au 7ème tour de la compétition.

Le club n’a jamais été à ce stade de la compétition. Il avait perdu en 2001 contre le Clermont Foot qui évoluait en national à l’époque, au 6ème tour. Là on reçoit une ligue 2 et on joue au 7ème tour. Que demander de plus !

Comment avez-vous appris que vous alliez jouer contre Rodez ?

Nous avons regardé le tirage ensemble avec quelques joueurs mais beaucoup travaillaient donc c’était compliqué. On s’est envoyé beaucoup de messages. On espérait jouer une ligue 2 et c’est arrivé : c’est juste incroyable de vivre ça.

Connaissez-vous un peu le Rodez Aveyron Football ?

Pour être très franc, je connais très peu le club. Des échos que nous avons, c’est un club pro assez familial car il évolue depuis peu en Ligue 2. 

Et quelques joueurs ?

On connait surtout Enzo Zidane. La vérité c’est que je ne suis pas trop la Ligue 2. On bouffe pas mal de foot la semaine avec les entrainements et les matchs. On essaye de couper un peu après. On connait un ancien joueur du Puy David Douline qui a joué chez vous et Obiang aussi qui jouait au Puy il y a peu.

Quels seront les ingrédients nécessaires pour faire douter le RAF ce samedi ?

Les meilleurs ingrédients seront de jouer décomplexés. Il faudra être agressif et nous dire que nous n’avons rien à perdre.

As-tu préparé une célébration en cas de but ? 

Je suis trop vieux pour ça mais j’entends pas mal de mes coéquipiers qui sont prêts à faire quelques tours de stade.

Vous croyez en la magie de la Coupe de France ?

Il faut y croire c’est certain. Notre cote est à 99 mais j’y crois.

Si vous gagnez, comment allez-vous fêter ça ? 

Si on gagne, la nuit sera très courte et je n’ose pas imaginer la suite de la soirée avec la communion avec les supporters, dirigeants, joueurs. Si nous ne gagnons pas, ça restera une belle fête aussi.

« Chaque année on part 3 jours au ski entre joueurs pendant la trêve hivernale. Et on ne skie pas beaucoup ! »

Tu es capitaine de cette équipe, c’est une fierté pour toi de pouvoir porter le brassard contre un club de Ligue 2 ?

Je suis capitaine depuis 13 années consécutives. C’est une très grosse fierté de pouvoir porter ce brassard face une équipe de ce calibre. Mais au-delà de ce match, j’ai toujours une fierté de pouvoir jouer pour le club. J’ai été formé au club et j’ai du sang vert en moi !

Quel est justement ton attachement au club de Blavozy ?

Je suis au club depuis toujours. Mon attachement pour le club est énorme. J’aime ce club et j’aime les gens que je côtoye la semaine. Nous sommes un club très humain et familial. Nous sommes heureux de nous retrouver en dehors des terrains. En jeunes, nous sommes en entente avec le village juste à côté. Il y a 200 jeunes et 22 équipes qui évoluent à différents niveaux.  Il y a 28 éducateurs pour les encadrer. 3 sont d’ailleurs en formation pour passer leur diplôme. Et nous avons un BE (brevet d’état, ndlr) pour encadrer les éducateurs. En seniors, nous avons 4 équipes : l’équipe fanion évolue en R1, l’équipe réserve évolue en D1 et notre équipe 3 en D3. Nous comptons également 2 équipes féminines et une équipe vétéran. L’état d’esprit est super : les gars jouent les uns pour les autres et tout le monde a envie de s’arracher pour le copain. En 3 mots : familial, humain, compétiteur.

Quel est le style de football pratiqué par votre équipe fanion ?

On est une équipe rigoureuse sur le plan défensif. Nous n’avons pas de stars dans notre équipe, nous sommes plutôt un collectif avec un état d’esprit irréprochable. On joue souvent en 4-2-3-1 ou 4-3-3. Peu importe la tactique, à notre niveau l’état d’esprit et l’envie restent des éléments fondamentaux pour avoir des résultats.

Tu parles de résultats, quels sont-ils justement en ce début de saison ?

Pour l’instant ça se passe très bien. On est invaincu avec 3 victoires et deux matchs nuls. Notre objectif reste le maintien. Le fait que nous évoluons à ce niveau est déjà incroyable pour les moyens du club. On est lucide et chaque week-end est une remise en question. Nous savons que nous devons rester humbles car ça peut aller très vite dans l’autre sens.

Vous êtes plutôt une équipe composée de jeunes joueurs ou de plus âgés ?

Nous sommes une équipe composée de jeunes et de vieux. Notre plus jeune joueur a 17 ans. D’ailleurs, pour l’anecdote, j’ai joué avec son père et maintenant je joue avec lui (rires). Le plus âgé à lui 38 ans. Ce qui est positif c’est que de plus en plus de jeunes intègrent l’équipe, ce qui est de bonne augure pour la suite. J’espère qu’ils s’installeront dans la durée et qu’ils continueront à progresser.

D’ailleurs, quel est votre joueur dont Rodez doit se méfier le plus ?

Je n’aime pas trop citer de joueurs mais si je devais en citer un ça serait Karim Smadi : un joueur complet avec un très très gros volume de jeu. Dommage qu’ils soit trop vieux sinon Rodez l’aurait peut-être recruté (rires).

On dit souvent que le football amateur rime avec la troisième mi-temps, c’est le cas dans votre club ?

Oui c’est une spécialité du club. Nous n’avons aucune prime et aucun joueur n’est payé. On attire les gars avec de la convivialité et de la compétition. Même si les gars sont des bringueurs, ils aiment aussi la gagne. On aime tellement se retrouver que chaque année on part 3 jours au ski entre joueurs pendant la trêve hivernale. Et on ne skie pas beaucoup !

À côté du football, quels métiers font les joueurs ? Il y en a t’ils qui vont bosser samedi soir après le match ?

Tous nos joueurs travaillent. Certains sont chef d’entreprise, d’autres sont livreurs, et pour les plus jeunes, ils sont encore étudiants. Personne ne vit du foot. C’est impossible pour notre petit club mais c’est aussi ça la fierté de notre club. Je pense que tout le monde a posé son jour samedi car ça reste un moment exceptionnel et tout le monde voudra profiter de la soirée quoi qu’il arrive.

Peux-tu nous présenter Blavozy ? Quel est l’importance du club de foot dans ce village ?

Blavozy est un village de 1800 habitants qui se situe à moins de 10 min du Puy-en-Velay. On a une vraie culture foot dans le club avec une vraie identité. Le club travaille depuis des années pour essayer de former des jeunes et que tout le monde aime se retrouver. Dans notre club, toutes les équipes sont importantes et l’essentiel est que tout le monde s’y sente bien.

Pour conclure cet entretien, as-tu anecdote particulière à nous raconter ?

Depuis sa création le club a gagné 5 coupes de la Haute Loire. On est très fiers ! Les 4 dernières ont été gagnées sur les 10 dernières années. À chaque fois qu’on joue une finale on décide de se faire une moustache, ça rassemble. On avait envisagé de le faire contre Rodez surtout que pendant la période Movember, c’était propice. Le problème c’est que pour certains joueurs de notre équipe, c’est pas possible de se faire pousser une moustache en 10 jours (rires) !

Le mot de la fin

« Je voudrais remercier l’ensemble du club de Blavozy et notamment les membres du bureau qui se mobilisent pour que tout le monde puisse profiter de la fête. C’est une équipe de bénévoles qui se bougent pour nous mettre dans les meilleurs conditions possibles. J’ai une pensée pour mon pote Kevin Echaubard qui est suspendu pour la rencontre : il aurait mérité de jouer ce match. J’ai également une pensée pour Sully qui s’est blessé sérieusement au dernier match de coupe de France. Lui aussi aurait mérité de jouer. »

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