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Interview

B. Danger : « J’irais au feu et à la guerre pour tous les gars du groupe »

Crédit photo : Alexandre Dimou/Icon Sport

La polyvalence, l’esprit de guerrier, l’entraide… Finalement, Bradley Danger représente les valeurs du RAF à la perfection. Celui que vous avez élu meilleur joueur de la phase aller est notamment revenu pour AllezRodez sur son intégration fulgurante, le trio du milieu de terrain, son passé et son futur. Entretien.

Bradley, tout d’abord, les supporters t’ont élu meilleur joueur de la phase aller, j’imagine que ça fait toujours plaisir…

Je voudrais remercier tout le monde, ça fait plaisir, mais c’est un travail d’équipe. J’ai hâte de voir les supporters sur cette deuxième partie de saison pour les remercier.

Quel est ton sentiment sur ta première moitié de saison ?

J’ai fait une bonne première partie de saison mais j’en attends pas moins de moi. Je suis satisfait mais sans plus. Je continue à bosser et j’attends plus de moi encore. Je pense que je peux faire mieux.

Comment expliques-tu cette adaptation rapide que tu as eue ?

J’ai toujours été quelqu’un qui s’adapte rapidement, qui essaie de vite se fondre dans le moule, qui essaie de créer des affinités, de s’adapter à ce que le coach demande. Cela a toujours été une de mes qualités naturelles. Je me sens super bien, l’ambiance est super bonne. 

Cela se ressent sur le terrain. Quelle est ta personnalité dans le vestiaire ?

Je suis quelqu’un de très très joyeux. Vous savez, je fais du foot, c’est ma passion, j’en fais tous les jours, je gagne un peu d’argent, je suis très très heureux d’être là, je me sens chanceux. Je rigole vraiment avec tout le monde, j’essaie de mettre la bonne ambiance. 

Tu es le joueur de champ à avoir joué le plus de minutes si l’on comptabilise la Coupe de France. C’est fort pour une première saison ici.

J’étais prêt à ça, je suis venu ici pour cela. Je suis jeune, j’ai envie de jouer donc tous mes choix sont en fonction du temps de jeu, après il faut prouver sur le terrain. Maintenant il ne faut pas se relâcher.

Collectivement, vous avez aussi fait une super première partie de saison avec une belle huitième place.

Je pense qu’on ne l’a pas volé. On bosse dur à l’entraînement, on fait des matchs pleins, on défend fort. Je pense que c’est mérité et qu’on est à notre place. Il n’y a pas de limite à se fixer. Après on ne va pas se prendre pour d’autres non plus mais on est motivé, on sait qu’on a des qualités, qu’on est capable de gagner contre n’importe qui. On va continuer à faire le taf et on verra où cela nous mène.

« On a vraiment essayé de créer quelque chose entre nous trois »

Le RAF a annoncé plusieurs cas de Covid en ce début de semaine, d’autres vont peut-être suivre. Comment préparer un match dans ces conditions, en ne sachant même pas s’il va avoir lieu ? 

Il manque quelques joueurs mais bon, on va dire qu’on est dedans depuis deux ans donc c’est devenu presque une routine même si le club n’était pas habitué à avoir des cas. On sait qu’un cas peut tomber à tout moment. On s’entraîne comme d’habitude, rien ne change. On sera prêt à jouer Pau quoi qu’il arrive. On ne se dit pas que ça va être reporté ou quoi que ce soit, nous on revient des vacances, on a envie de jouer, on a envie de reprendre la compétition.

Reprendre la compétition sans Jordan Leborgne en tout cas, positif au Covid semblerait-il. Il fait partie de votre trio au milieu. Rémy Boissier expliquait chez Totem Radio que celui-ci fonctionne très bien, avec notamment beaucoup de permutations, de dépassements de fonctions, que peux-tu en dire ?

Rémy a tout dit, on est assez complémentaires tous les trois, on essaie de bouger les uns par rapport aux autres, de se faire des passes quand on peut. On a vraiment essayé de créer quelque chose entre nous trois, pour l’instant cela a très bien marché. On sait que c’est très important d’avoir un milieu de terrain qui marche bien pour faire des résultats. 

Ce sont des consignes du coach ou c’est plutôt vous sur le terrain qui faites ça naturellement ? 

Un peu des deux, le coach veut que l’on bouge, qu’on ne soit pas forcément dans un stéréotype de jeu mais c’est aussi de nous. Quand un touche moins le ballon on essaie de changer un peu les positions. Puis moi par moment j’ai un mec qui reste un peu dans ma zone donc je suis fermé, alors on bouge entre nous pour se libérer. Jordan ou Rémy de faire des courses pour ouvrir des espaces dans le dos des latéraux adverses. Moi je suis dans le coeur du jeu, j’essaie de jouer, de relancer, d’être disponible pour aussi ouvrir les attaquants ou mes compères du milieu.

Vous discutez beaucoup tous les trois sur le terrain ?

C’est important, en match il faut se parler, se donner des consignes, encourager. Les résultats passent aussi par là. C’est une forme de jeu la communication.

Et puis Lorenzo Rajot ou bien Enzo Zidane par exemple peuvent aussi apporter quelque chose de différent à ce milieu de terrain.

Il pourrait tous les deux jouer comme beaucoup dans le groupe. Ce sont des très bons joueurs. S’il y a quelqu’un de moins bien, on sait qu’on peut changer, on sait qu’on peut compter sur tout le monde, que tout le monde à le niveau pour jouer. C’est très intéressant d’avoir des gars comme ça, en plus on s’entend tous très bien, c’est une concurrence très saine. 

Qu’est-ce que ça change pour un numéro 6 d’évoluer dans ce schéma tactique avec 3 défenseurs centraux, plutôt que dans un schéma habituel à 2 centraux ?

J’ai moins besoin par exemple d’aller couper sur les côtés, de dézoner. Ces courses là je les fais plus dans le coeur du jeu où je dois aussi fermer des passes, aller au duel, il y a plus de monde derrière moi pour gérer la profondeur. J’ai moins à faire ce genre de courses diagonales pour couper derrière les latéraux disons.

Ça te permet de plus te projeter aussi.

Aussi, c’est sûr que ce n’est pas la chose première d’un 6 de se projeter mais c’est bien car cela surprend l’adversaire. Ils ne vont pas se dire que c’est moi qui vais y aller forcément en premier. Ça amène quelque chose en plus et je sais que les gars vont prendre ma place derrière les fois où je vais y aller.

J’imagine que tu t’amuses dans cette équipe, cette organisation.

Honnêtement oui. S’il le faut, j’irais au feu, j’irais à la guerre pour tous les gars du groupe car je sais qu’aucun ne lâchera un autre. C’est une super sensation de sentir ça. De sentir que tout le monde peut compter sur tout le monde, c’est plaisant. 

« C’est la plus grande sensation que j’ai eu de ma vie »

Souvent, quand on parle de toi, outre le fait que tu ne lâches rien, le premier mot qui vient c’est la polyvalence. Le RAF t’a t’il recruté en partie pour cela ?

Effectivement cela me caractérise bien, j’ai déjà joué à plusieurs postes. Le coach m’avait appelé pour me dire qu’il aimait beaucoup ma polyvalence, qu’on serait un groupe assez restreint, que j’allais donc peut-être jouer à plusieurs postes en fonction des forfaits notamment. Il m’a aussi demandé quel poste je préférais jouer, je lui avais dis le poste de numéro 6.

Un de tes anciens coéquipiers au Havre te surnommait « le dangereux », penses-tu vraiment être dangereux sur le terrain ? Où c’est juste pour te chambrer avec ton nom de famille ?

(Rires) C’est plus pour mon nom de famille. Je suis quelqu’un qui aime relancer, qui aime toucher la balle mais qui veut aussi récupérer des ballons. J’aime courir, faire des kilomètres.

D’ailleurs, tu es encore jeune, des kilomètres tu vas encore en avaler. Tu as quand même une belle marge de progression devant toi.

Oui je n’ai que 23 ans donc j’espère pouvoir encore progresser. J’ai des objectifs de carrière qui peuvent m’amener à un certain niveau, j’espère pouvoir les atteindre.

Quels sont-ils ?

J’aimerais bien aller voir un peu la Ligue 1, pour pouvoir me jauger, voir si j’ai le niveau. Après je suis encore loin, mais en même temps pas loin. En tout cas, je suis concentré à 200% sur le RAF, j’ai encore 2 ans et demi de contrat.

Dans quels secteurs dois-tu encore progresser pour atteindre un jour ce niveau ? 

Techniquement j’aimerais pouvoir être encore plus juste sur mes prises d’informations, de m’orienter, sur des ballons que je peux vite sortir de la densité. Même physiquement, sur certains duels je peux faire mieux. 

Et quels sont les secrets de ta réussite actuelle ?

J’ai pas forcément de routine mais étant jeune j’ai beaucoup bossé sur mon physique, surtout au Havre où je me suis beaucoup entraîné. Moins maintenant car j’essaie d’être le plus frais possible pour les matchs. Je regarde beaucoup de foot, j’analyse et j’essaie de m’inspirer aussi. Je dors beaucoup, j’essaie de bien manger la semaine. Cela peut jouer aussi dans les performances.

D’ailleurs, as-tu des regrets de ne pas avoir réussi au Havre ?

J’ai des regrets dans le sens où c’est plutôt une aventure avec le coach en place à l’époque qui s’est mal passée. J’ai signé pro là-bas, je me suis entraîné 3 ans avec le groupe pro, j’ai fait des bancs en Ligue 2. Mais c’est plus de l’amertume car je pense que j’avais les moyens de jouer au vu de mon parcours en jeune, ce que je faisais à l’entraînement mais bon ça arrive dans une carrière. Ce n’est pas forcément quelque chose qui me hante, je suis en paix avec moi même et cela peut me servir pour plus tard, ça m’a endurci. 

Tu étais vraiment promis à un bel avenir à cette époque, tu avais notamment disputé de nombreuses sélections avec les catégories de jeune de l’équipe de France, quels souvenirs gardes-tu de tes années Bleues ?

C’était vraiment exceptionnel de vivre ça, j’ai vécu beaucoup de rassemblements, on a été dans beaucoup de pays. Ça change vraiment de la vie en club, on joue avec les meilleurs joueurs du pays de notre âge, on apprend vite. Gagner à l’Euro c’était quelque chose d’extraordinaire, c’est la plus grande sensation que j’ai eu de ma vie, de se dire qu’on est champion d’Europe, c’est un truc de fou. On a envie de le revivre. C’est aussi pour ça que j’ai faim, la dalle de gagner des choses. C’est motivant. À cet âge, on est un peu le crack du club on va dire, le joueur à suivre et cela ne se passe pas forcément comme on veut, c’est fait de haut et de bas mais c’est le début de ma carrière et j’en suis fier. 

Tu avais joué avec des joueurs qui sont actuellement dans des gros clubs européens ?

Oui j’ai fait quelques sélections avec Kylian Mbappé, avec Jonathan Ikoné, Jeff Reine-Adélaïde, Dayot Upamecano, Faitout Maouassa, on avait vraiment une belle équipe.

As-tu un dernier souvenir de ton parcours en jeune qui t’a marqué ?

Quand j’étais en jeune, dans mon tout premier club, j’avais signé au Havre et j’étais encore dans mon club pour la fin de saison. Il y avait un tournoi. L’équipe qu’on affrontait me connaissait bien, j’étais blessé mais je jouais. Il y avait un mec qui était en marquage individuel sur moi tout le match et je faisais que lui dire : « Je suis blessé je peux pas courir » et il me répondait que le coach voulait absolument qu’il reste sur moi, alors que je marchais. Je lui disais « mais va jouer, profite » et il me disait que non, ça m’a marqué (rires).

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