Connect with us

Interview

William Chikli : « Ce que j’aime le plus, c’est créer du bonheur »

Speaker

William Chikli, speaker du RAF depuis le National, n’exerce plus à Paul Lignon suite à la mise en place des matchs à huis clos. Il revient pour nous sur son absence temporaire de l’antre Ruthénois, les coulisses de son métier et son attachement au club.

William, tu ne speakes plus depuis la mise en place des huis clos. Comme à tous les supporters, Paul Lignon doit te manquer…

Bien sûr ! L’ambiance, les supporters me manquent. Le club m’a proposé de venir en tribune pour profiter des rencontres et rester en contact avec eux, mais je préfère rester avec ma famille. Je regarde les matchs à la télévision. 

En temps normal, quel est le rôle d’un speaker dans un stade de foot ?

Assurer l’ambiance du stade au maximum. Mais je ne sais pas trop quoi te dire, ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas fait ! Le plus important, ce sont les supporters, l’ambiance, c’est surtout eux qui vont l’assurer derrière.

Justement, quelle relation as-tu avec les fans ruthénois ?

Quand j’arrive, je prends cinq ou dix minutes pour leur parler. Je vais toujours voir le Kop, c’est important. Ça permet de juger la motivation, l’ambiance. Maintenant, je communique avec eux sur Facebook, c’est important de garder un lien le temps que le stade rouvre. 

Et avec les joueurs. Quelle relation as-tu avec eux ?

On n’a pas de relation particulière, je leur parle avant le match mais je n’ai pas trop le temps après, ils rentrent au vestiaire et moi je dois partir, j’ai une heure de route ! (rires). Maintenant, le plus beau cadeau que peuvent faire les joueurs à tous les supporters et à moi, c’est de se maintenir en Ligue 2.

Si l’on devait raconter ton histoire avec le RAF, par où commencer ?

D’abord, j’ai joué un an là-bas en jeune, je suis Aveyronnais de cœur. Rodez a toujours été le club phare ici. Quand on est petit, on rêve tous de jouer pour le RAF. Quand on est speaker c’est encore mieux, on partage à la fois deux passions, le foot et l’animation. 

Comment en es-tu venu à être speaker du club ? 

J’animais un mariage et un ami m’a dit que le RAF cherchait un speaker. J’ai postulé. Au départ, ils m’ont dit qu’ils avaient quelqu’un. Un jour, ils m’ont rappelé pour faire un match test, mais j’étais en voyage à Naples, là où il y a sûrement le meilleur speaker d’Europe. Je n’ai donc pas pu le faire car ils m’attendaient le lendemain. Ils m’ont quand même rappelé plus tard. J’ai commencé en National pour les hommes mais mes premiers pas étaient avec les filles, il ne faut pas oublier d’où l’on vient. Ça a bien marché, on m’a demandé de revenir contre Lyon pour la seconde rencontre. L’année d’après j’ai pu faire les gars. 

« Je me suis dit : Tais-toi et profite de l’ambiance »

Si l’on devait rentrer dans les détails de ta préparation avant un match. Comment prépares-tu les rencontres ? Il y a beaucoup de travail en amont non ?

Il y a du travail chez soi. Le club m’envoie le pilote du match. C’est tout ce qu’il va se passer, les animations… Je me fais des speechs, des intros… J’arrive plusieurs heures avant la rencontre. C’est beaucoup de feeling, on prépare mais il y a pas mal d’improvisation.

Il faut bien connaître le nom de tous les joueurs, ce n’est pas toujours facile…

Oui, même quand c’est pour ton équipe ! Le premier match de Kérouédan, je n’ai jamais réussi à le dire. Je me suis concentré sur ce nom pendant tout le début de match. Je me disais : “Il ne faut pas que je le rate”. Et au moment où il est passé sur l’écran je l’ai raté complet. J’avais l’impression d’avoir éternué. Après je suis allé le voir, j’ai dit : « Excuse moi j’ai complètement raté ton nom”. 

Quel est ton meilleur souvenir en tant que speaker du RAF ? 

La montée en Ligue 2 bien sûr ! C’était incroyable. J’avais passé le micro à Ugo Bonnet qui avait fini de mettre l’ambiance. Je savais que s’il y avait bien une personne à qui donner le micro, c’était lui. Mes premiers matchs aussi. Ce sont forcément de supers souvenirs. Les premières fois que j’ai annoncé des buts, je les ai tenu longtemps. Je pense que tout le monde m’a regardé avec des yeux de : “Qu’est-ce qu’il fait lui ?” (rires). 

Tu as aussi eu la chance de speaker au Stadium de Toulouse…

35 000 places. Quand on commence à dire bonjour et qu’il y a un écho de malade qui arrive derrière on se dit : “Waouh !”. Le stade plein, ça doit être quelque chose. Prendre le micro du Stadium une fois dans sa vie, c’est quand même pas mal ! Mais ça ne vaut pas Paul Lignon bien sûr. 

Tu as un souvenir qui t’a marqué au Stadium ?

Rodez-Lens, retour des joueurs sur la pelouse en seconde période. J’allais parler pour faire monter l’ambiance mais les supporters lensois ont commencé à chanter « Les Corons« . Du coup, je me suis dit : “Tais-toi et profite de l’ambiance.” Il faut aussi laisser le stade parler. 

Speaker
William, lors de ce fameux match face à Lens.

Les speakers ont souvent des phrases fétiches, qu’ils répètent lors de chaque rencontre. Pour toi, ça serait le : “Ici, ici, c’est Rodez”. Comment t’es venu cette expression ?

J’allais au stade même avant d’être speaker. Et vu que j’aime bien l’animation, j’écoutais. Quand ça devenait un peu chaud avec les adversaires ou les arbitres, j’entendais souvent : “Ici, ici, c’est Rodez”, histoire de mettre la pression. C’est comme ça que je l’ai repris, ça vient des supporters.

Pour finir, qu’est-ce que tu aimes le plus dans le rôle de speaker ?

Il n’y a pas de routine, l’important c’est de se remettre en question. Les gens peuvent se lasser, il faut savoir étonner, écouter, mettre l’ambiance. Ce que j’aime le plus, c’est créer du bonheur, voir les gens heureux.

Cliquez pour commenter

Laissez un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Interview