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Alexandre Krstic : «L’ambiance était électrique à Paul Lignon »

Alexandre Krstic, le 3 mai 2019 lors des 90 ans du Rodez Aveyron Football

Dans le cadre des 30 ans de l’épopée ruthénoise en Coupe de France, le goleador ruthénois de 1990 à 1992, Alexandre Krstic, a accordé un entretien exclusif à AllezRodez.com. Il était le buteur emblématique de Rodez en D2 et lors de l’épopée de Coupe de France en 1991, il a notamment été buteur contre Metz en 1/16ème (1 à 1 victoire de Rodez 4 tirs au but à 3), Annecy en 1/8ème (victoire de Rodez 0 à 2) et Sochaux en quart de finale (victoire de Rodez 2 à 1).

Pourriez-vous nous raconter votre carrière de footballeur?

Je suis né à Belgrade et je suis arrivé très jeune en France avec ma famille. J’ai débuté le football en poussins à Morangis dans l’Essonne. J’ai effectué toutes les catégories de jeunes à Morangis. J’avais 17 ans quand nous jouons contre l’AJ Auxerre en coupe Gambardella. L’AJA et Guy Roux souhaitaient m’enrôler mais finalement cela ne s’est pas fait car Auxerre avait atteint le quota de joueurs étrangers en vigueur à cette époque. Je n’avais pas la nationalité française.

Je joue par la suite à Longjumeau en séniors en 4ème division. Nous finissons premier en 1983 et accédons à la 3ème division. En coupe de France nous perdons contre Orléans qui me repère. Je signe à Orléans alors en 2ème Division en 1984. A Orléans je joue notamment avec Guy Stéphan, Marc Berdoll, Serge Chiesa et Jean-Luc Vinuesa que j’inciterai à venir à Rodez par la suite.

J’ai eu des touches avec Valenciennes. Jean-Pierre Papin venait de quitter VA pour Bruges la saison précédente. Finalement cela ne s’est pas fait. En 1986 mon envie d’une expérience à l’étranger me fait choisir Derry City en Irlande en 1ère Division. Je me suis régalé dans cette ville qui respirait le football. Il y avait 15 000 supporters à domicile et 5000 ou 6000 en déplacement. Derry vibrait foot au quotidien. C’était exceptionnel. Je suis devenu père de famille à Derry avec la naissance de ma fille. 

En 1987 je signe au FC Sarrebruck en D2 allemande, puis je reviens en 1989 à Derry. Lors de cette saison 89/90 nous perdons en 1/16ème en Coupe d’Europe des Clubs Champions (ancienne Ligue des Champions) contre une grosse équipe du Benfica qui comptait notamment dans ses rangs Valdo et Ricardo. D’ailleurs Benfica sera finaliste cette saison là. Je signe à Rodez en 1990. Jacques Larqué est alors président et Ali Rachedi directeur sportif.

Je finis ma carrière professionnelle au Portugal. De 1992 à 1994 je joue au SC Beira-Mar et de 1994 à 1996 au FC Felgueiras.

Avez-vous toujours joué avant-centre ?

Je jouais meneur de jeu et par la suite le coach m’a replacé avant-centre en cadets car je dribblais trop (rires). Puis j’ai commencé à enquiller les buts. Marquer des buts est un moment de partage, c’est un instant à part. L’important c’est de prendre du plaisir en tant que footballeur. C’est ce que je dis aux plus jeunes. Quelque soit le niveau, le jour où on cesse de prendre du plaisir on n’avance plus. Le foot ce n’est pas qu’un métier, cela doit rester une passion. Dans le foot le plus appréciable est de laisser un bon souvenir en tant qu’homme. L’amitié et la fraternité sont les choses les plus importantes.

A Rodez vous aviez trouvé toutes ces valeurs ?

Oui tout à fait. Avec les autres recrues nous avons tout fait pour rentrer dans le moule, pour acquérir cette identité ruthénoise. Michel Poisson a su gérer cela avec beaucoup d’intelligence. Je lui tire mon chapeau. Sur ces deux saisons passées à Rodez à aucun moment je me suis dit que nous avions besoin d’autres joueurs. Nous étions un véritable groupe, tous de vrais potes. On se donnait à fond. Après les matchs nous dînions avec nos épouses à Fontanges, c’était vraiment agréable.

Vous aviez cette force collective avec Rodez…

Oui les clubs comme Nice ou Bastia n’aimaient pas venir à Paul Lignon. On lâchait rien. On craignait personne. Nous avions un tel collectif.

Vous avez atteint la demi-finale de coupe de France avec ce collectif.

Le fantastique public ruthénois attendait la coupe de France. L’équipe voulait faire quelque chose.  Les aveyronnais sont des personnes fabuleuses. L’ambiance était électrique à Paul Lignon et à Rodez. Quand Calou (Pascal Guitard) touche la barre après sa lourde frappe contre Sochaux en quart de finale et que Philippe Bobeck reprend le ballon du gauche et marque, c’est tout un symbole avec ces deux aveyronnais qui se saignaient pour l’équipe.  (Le 14 mai 1991 Rodez gagne 2 à 1 contre Sochaux en quart de finale de Coupe de France. Buts de Philippe Bobeck à la 32ème et de Alexandre Krstic à la 61ème pour Rodez et but de Mickaël Madar à la 84ème pour Sochaux dans un stade Paul Lignon en ébullition).

Lors du match à Annecy en 1/8ème de Coupe de France vous avez retrouvé un ancien coéquipier…

Tout à fait, j’ai retrouvé Jésus Soriano avec qui j’avais joué deux saisons à Orléans. C’était un très un bon copain et de plus nos épouses se connaissaient bien. Il jouait stoppeur et me mettait des tampons. Durant le match il se casse le nez. Je ne sais plus si c’est moi qui lui met un coup. On gagne 2 à 0 et on se qualifie pour les quarts. A la fin du match il ne vient pas me voir, on ne s’est plus jamais parlé.

Vous êtes désormais agent de joueur, quel regard portez-vous sur votre métier ?

Je privilégie l’aspect sportif. Je veux les protéger de l’environnement extérieur. Lors d’un transfert le timing et le bien être du joueur sont primordiaux.

Que pensezvous du retour de Rodez en Ligue 2 ?

Je suis très heureux du retour de Rodez en Ligue 2. Je pense que c’est important que le club garde son identité surtout à l’heure actuelle avec les investisseurs extérieurs. Je suis content que Pierre-Olivier Murat, Président, et Grégory Ursule, Manager Général, qui sont ruthénois soient à la tête du club. Ils sont garants de l’identité Ruthénoise. Laurent Peyrelade et les joueurs font du bon boulot. Rodez doit consolider sa place en Ligue 2 pour un jour envisager la Ligue 1 avec ses supporters aveyronnais qui vont au bout pour leur équipe. Ce serait génial.

Entretien réalisé par Paulo Toutain.

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