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Jean-Luc Vinuesa : « À Rodez, il y avait une osmose entre l’équipe et les supporters »

Jean-Luc Vinuesa lors des 90 ans du RAF le 3 mai 2019.

Dans le cadre des 30 ans de l’épopée de 1991 nous vous proposons un dernier entretien de joueur avec le virtuose ariégeois Jean-Luc Vinuesa. L’ancien meneur de jeu Ruthénois a accordé un entretien exclusif à Paulo Toutain pour AllezRodez.com.

Jean-Luc, pouvez-vous nous raconter vos 17 ans de carrière de footballeur professionnel ?

J’ai commencé à jouer au foot dans mon village à Varilhes dans l’Ariège. Mon père était footballeur et entraîneur. En 1977, j’ai alors 16 ans, je signe à Toulouse en tant qu’aspirant stagiaire puis professionnel. Just Fontaine était alors le coach de l’équipe fanion. 

J’ai intégré rapidement l’équipe 1. Je faisais des matchs avec l’équipe 1 ou avec la réserve. En 1982 j’ai été champion de France de D2 avec le TFC, nous étions alors montés en D1. En 1983 je suis également champion de France  avec la réserve mais je jouais également avec l’équipe 1. Ces deux titres sont des moments inoubliables. 

En 1983 j’ai 22 ans et j’avais joué une quinzaine de matchs en D1 mais je décide de signer à Sète en D2. Les contrats étaient courts à l’époque, après Sète les clubs s’enchaînent pour moi en D2 avec Orléans, un retour à Sète, Avignon une saison, Rodez évidemment de 1990 à 1993, Guingamp en 1993-1994 en National 1 , puis je termine ma carrière de joueur en 1995 à Rodez alors en National 2. À noter qu’avec Guingamp en 1994 nous finissions champions de National 1 et montions en D2.

D’ailleurs en 1995 vous avez fini entraîneur à Rodez ?

En effet le club n’avait pas conservé Daniel Périault et m’avait alors demandé de reprendre les rênes de l’équipe fanion alors que j’étais joueur. J’avais accepté et nous étions alors montés de Nationale 2 à Nationale 1. Mais mon expérience d’entraîneur s’est arrêté sur cette montée. Le poste de coach n’était pas fait pour moi. Par la suite j’ai rejoué en amateur en Ariège.

Vous avez eu une carrière bien remplie en 17 ans de matchs pros avec plus de 400 matchs et plus de 50 buts.

Merci, je me suis surtout régalé tout au long de ces 17 années que ce soit entre autres à Toulouse avec cette équipe de potes et ce titre de champion de France de D3 en 1983 et aussi à Rodez avec l’épopée de coupe de France en 1991. J’étais un passionné, j’adorais jouer, être sur le terrain, faire la dernière passe plus que marquer. J’ai eu la chance d’être titulaire tout au long de ma carrière.

Justement, que retenez de ces belles années Ruthénoises ?

Quelque chose de spécial que je n’ai pas retrouvé dans les autres clubs. Sur le terrain nous étions tous là pour les autres. Je n’aurais jamais échangé un de mes coéquipiers à Rodez. Je ne voyais pas de manque. En plus à Rodez il y avait une osmose entre l’équipe et les supporters. C’était de très beaux moments. 

Et cette demi-finale au Vélodrome contre l’OM ?

J’avais les boules de perdre, je rêvais de serrer la main du Président de la République au Parc des Princes pour la finale. Pour l’anecdote, l’après-midi à l’hôtel je partageais la chambre avec Fred Alcaraz et Ali Rachedi, alors directeur sportif, arrive en trombe dans la chambre pour nous réveiller, ce sont de bons souvenirs.

L’intégration à Rodez s’était bien passée pour vous ?

J’avais marqué lors de mon premier match contre Louhans-Cuiseaux. Michel Poisson savait nous mettre dans les meilleurs dispositions. On s’entendait tous tellement bien avec Michel que parfois il nous laissait nous gérer. D’ailleurs durant mon premier entraînement avec Rodez, à la fin d’une séance de sprints, Michel me dit, chrono à la main : « Si javais su, je ne t’aurais pas pris », il était chambreur (rires).

J’ai appris que vous étiez récemment devenu jeune retraité ? Qu’avez vous fait après le foot ?

En effet après une carrière longue je suis désormais retraité à 60 ans. Après le foot j’avais intégré une entreprise de déménagement en tant que commercial. J’ai notamment supervisé des déménagements de joueurs de foot professionnels comme Jean-Alain Boumsong à Glasgow et Turin par exemple. Du coup j’ai un peu voyagé.

Quel regard portez-vous sur le foot actuel ?

J’aime le football vertical qui va vers l’avant. Le foot a évolué au niveau des entraînements, du physique, de la récupération mais j’ai l’impression que dans l’ensemble les joueurs prennent moins de risques offensivement. Il y a trop de passes inutiles et pas assez de prises de risque, de un contre un, de dribbles… les joueurs doivent s’exprimer.

Suivez-vous encore le foot et Rodez ?

Oui je regarde le foot, le championnat Allemand notamment, et je suis attentif aux résultats de Toulouse et Rodez en Ligue 2. J’ai Rodez dans le coeur. Il faut que Rodez se stabilise en Ligue 2 afin de pouvoir penser au niveau supérieur. J’espère pouvoir revenir à Paul Lignon prochainement.

Un grand merci à Jean-Luc pour cet entretien. Propos recueillis par Paulo Toutain.

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