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Interview

Julien Célestine : « Je n’ai pas de limites »

Élu meilleur joueur du mois de mars par les supporters quelques mois après son arrivée en provenance de Lettonie, Julien Célestine fait l’unanimité au sein du club Aveyronnais. Le défenseur central, déjà pisté par de nombreuses formations, est lié au RAF jusqu’en 2023. Entretien avec un grand ambitieux.

À ton arrivée, tu avais déclaré en conférence de presse : « Je n’ai pas peur de m’imposer en tant que patron ». Penses-tu être devenu un patron ?

Ça c’est à vous de me le dire ! (rires). Je suis venu ici pour m’imposer. Avec beaucoup de confiance et d’humilité, je suis un gros bosseur. Je savais que j’allais m’imposer et que les résultats de l’équipe allaient suivre. Ils étaient peut-être un peu dans le dur mentalement. On a commencé à taper des gros, personne ne nous a fait peur. Aujourd’hui, j’ai joué 16 matches, j’ai perdu 3 fois, on a fait beaucoup de nuls. 

Comment tu l’expliques justement que vous êtes l’équipe qui fait le plus de matches nuls cette saison ?

On est solide, on va embêter n’importe quelle équipe. On joue pour gagner les matches. En faisant des matches nul on avance quand même. On aurait pu tuer des rencontres mais on ne l’a pas fait. 

C’est assez rare de voir un joueur s’imposer aussi vite dans une équipe, surtout en défense. Quelles sont les raisons de ton intégration express ? 

L’équipe m’a super bien intégré. Des joueurs comme Sanaia m’ont fait découvrir la ville. Le coach, tout le monde m’a donné beaucoup de confiance. La situation au classement n’était pas facile donc il y avait peut-être besoin d’un renouveau. Et ça a fonctionné.

Comment se passe ta relation avec le coach ? Vous discutez beaucoup ? 

Avec le coach, on a fait beaucoup de vidéos à mes débuts. Avec l’adjoint aussi. On m’a montré comment l’équipe évoluait, à trois derrière, ça m’a permis justement de comprendre le style de jeu de l’équipe et de vite m’adapter.

Est-ce que tu te plais dans cette défense à trois ? Tu avais déjà connu ce système ?

Je l’ai connu en Belgique. J’ai joué dans l’axe gauche, mais c’est dans l’axe central que je me sens le mieux, comme à Rodez. Je savais comment jouer, après il faut s’adapter à ses coéquipiers. Aujourd’hui je me sens très bien.

Qu’est-ce qui change réellement pour un défenseur d’être axe gauche/droit ou bien au centre ?

Je pense que dans l’axe central j’ai plus de duels face au jeu, j’ai des duels de la tête, je peux couvrir les deux axes. Dans la relance il y a plus de possibilité dans les deux autres axes, tu as plus d’angle. Mais je prends du plaisir dans l’axe central, c’est vraiment là où je suis le meilleur je pense.

Tu dois prendre du plaisir aussi à jouer avec Pierre Bardy notamment… Un mot sur ton coéquipier ?

C’est un joueur intelligent dans son placement, il ne fait pas beaucoup de fautes. C’est un joueur agréable à voir jouer avec le ballon, il a une facilité à la relance, on est très complémentaire tous les deux, on parle souvent ensemble. Il est content que je sois arrivé et je suis content d’évoluer avec lui. 

« Le maintien c’est bien mais on a des objectifs, c’est de finir bien plus haut que la 18ème place. »

Ce week-end, il y a un maintien à aller chercher face à Nancy. Comment te sens-tu à quelques jours de ce match capital ?

Je me sens bien, je suis en canne. On arrive sur la fin, c’est le sprint final qui a été entamé depuis plusieurs matches. On est à domicile, on ne craint personne. On veut terminer en beauté à domicile en prenant les trois points. 

Avant d’affronter Grenoble lors du dernier match, un club qui compte évidemment pour toi…

Ça va être un peu particulier de revenir dans ma ville natale, après c’est un match comme un autre. On ira là-bas pour gagner, pour jouer. On veut grimper au niveau du classement, on a pas de limite.

Selon un sondage réalisé sur AllezRodez dimanche, la majorité des supporters pensent que le maintien est en poche. Qu’en penses-tu ?

Mathématiquement ce n’est pas fait. Le maintien c’est bien mais on a des objectifs, c’est de finir bien plus haut que la 18ème place. On est focus sur nos matches, on ne regarde pas trop les adversaires.

Beaucoup te voient comme un joueur très rugueux, dur sur l’homme, mais Julien Célestine ce n’est pas que ça. Quel joueur es-tu vraiment ?

C’est sûr que c’est ma qualité première de défenseur. Je pense que je suis un joueur très athlétique, les duels c’est ma force. Dans la relance je suis intéressant, la vitesse aussi. 

Tu as tout de même des axes d’amélioration ?

J’ai 23 ans, je n’ai pas de limites. Je peux progresser dans tous les domaines, défensivement, offensivement, au niveau des buts aussi. Je n’en ai pas encore marqué cette saison avec le RAF.

Ton passage en Lettonie t’a forgé justement dans ce profil là, de joueur dur sur l’homme ? 

Oui ça a accentué ma force ! J’étais déjà un joueur comme ça dans les centres de formation. Ce n’est pas le même arbitrage qu’en France. J’ai pris pas mal de cartons quand je suis arrivé ici. J’ai fait des progrès là-dessus. Là-bas c’était vraiment très physique, bien au-dessus des championnats européens comme la France. 

On ne connaît pas trop ces championnats en France, il y a vraiment de la visibilité ?

C’est un championnat tremplin. Moi je suis en Ligue 2, mon ancien attaquant est à Cologne en Bundesliga… d’autres sont partis en Russie. Il y a de la visibilité. Quand je suis partie là-bas, l’objectif c’était de faire une saison pleine et après je savais que je rebondirais. 

Au niveau température, beaucoup se plaignent du climat Aveyronnais, j’imagine que toi non vu la météo en Lettonie…

C’est très froid. Le mois de janvier et février on a fait deux mois en Turquie pour se préparer car en Lettonie il fait trop froid. Le championnat commence au mois de Mars, mais il faisait parfois -25 le matin, et ça toute la journée. Fin mai il y avait encore de la neige, le climat est très difficile.

« Les défis, la pression, j’aime ça. »

Comment se sont passés les contacts avec Rodez ?

Ils m’ont approché vers le mois d’octobre. Grégory Ursule m’avait appelé, il me connaissait déjà. Ça a mis pas mal de temps car il fallait trouver un accord avec mon club, il me restait encore deux ans de contrat là-bas. Le président et le coach ne voulaient pas me libérer gratuitement. Ils ont été aussi compréhensif que je veuille retourner en France. 

Et la Belgique, c’était comment ? Qu’est-ce qu’il t’a manqué à cette période pour passer un cap ?

J’ai fait 2 années à Charleroi, un bon club de Belgique. Je n’ai pas assez joué. Quand j’ai signé pro, j’étais prêt à jouer. Même les gens le sentaient, j’étais prêt physiquement et mentalement. J’aurais pu être lancé dans le grand bain, je pense que j’aurais assuré sans problème mais l’équipe tournait très bien à cette période. 

Tu parles beaucoup de mental, c’est aussi ta force principale ?

Oui c’est ma force principale. Les défis, la pression, j’aime ça et puis même dans une carrière il y a des hauts et des bas mais quand tu es prêt mentalement, dans le football c’est très important. À chaque fois tu dois te relever.

Tu es aussi passé par le centre de formation du TFC. Que retiens-tu de ton passage à Toulouse ? 

Un passage assez court mais intense. Je retiens de l’expérience. J’ai croisé de bons joueurs, je suis encore en contact avec eux. Ça m’a permis de rebondir en Belgique. Il y a un super centre de formation et un bon club mais je suis content qu’on les ait battus cette année (rires). Je n’ai pas joué car j’étais suspendu mais j’ai croisé Kelvin Amian, les tout petits aussi qui étaient en préformation quand j’y étais, Antiste, Sanna… Ça fait plaisir pour eux et j’espère qu’ils vont réaliser leurs objectifs personnels et collectifs.

Tu as notamment rencontré Mpasi là-bas, il était déjà fou et ambianceur comme ça ?

Quand je suis arrivé il est parti mais on s’est croisé. Je suis très content d’être avec lui, c’est un bon gars. Il était comme ça, ambianceur du vestiaire !

« Dans ma tête, je me disais que je bossais deux fois plus que les autres et je savais bien qu’un jour ça allait tourner. »

La période du mercato approche et les rumeurs commencent à circuler. Ton profil plaît, des clubs sont intéressés.

Il y a des intérêts, c’est bien. Maintenant je suis focus sur ce que je fais. Il reste encore deux matches, je vais finir le travail et après on analysera. J’ai de l’ambition.

Des médias annoncent un intérêt de plusieurs clubs de Ligue 1, dont Saint-Etienne, Lens, Nantes et de Bundesliga, c’est pas mal non ?

Ça donne envie après si je suis bon sur le terrain ça viendra. Je suis bien sur le terrain, je suis bien avec mes coéquipiers donc aucune pression là-dessus. C’est bien qu’il y ait de l’intérêt, c’est bien pour moi, ça fait plaisir, mais je laisse tout ça à mon agent. Des clubs français, Belges sont là, ils communiquent avec mon agent. Mon ambition est d’évoluer en Ligue 1, je pense, comme tout le monde.

Ce serait dommage de partir sans avoir connu les supporters à Paul Lignon…

On m’a dit qu’il y avait de la ferveur, de l’engouement. Je reçois des messages, devant le stade aussi. C’est clair que c’est dommage. J’espère que la saison prochaine on les aura. Jouer dans un stade vide c’est compliqué. C’est creux. Même à l’extérieur j’aime bien les moments un petit peu chaud mais là du coup c’est particulier.

Tu es un joueur très ambitieux, quelles sont justement tes ambitions à court et long terme ?

C’est compliqué de répondre. Je n’ai pas de limites. Si je suis bon, j’irai le plus haut possible. Je me suis jamais mis la pression en mode il faut que j’aille là ou là. J’ai des rêves dans ma tête, plutôt des objectifs même mais je n’ai pas de clubs ou des championnats en particulier. Le temps passe tellement vite que je reste focalisé sur le moment présent, après le reste viendra !

Tu as toujours cru en toi ? Tu n’as jamais douté ?

Il y a forcément des moments de doutes. Quand j’ai plus de 20 ans, que je ne joue pas en équipe première et que je me retrouve en D3 Belge, ce n’est pas ce qu’on attend quand on rentre dans un centre de formation. Dans ma tête, je me disais que je bossais deux fois plus que les autres et je savais bien qu’un jour ça allait tourner. J’ai réussi à inverser la vapeur. Ma famille m’a soutenu. Tu ne lâches pas et tôt ou tard tu auras une chance. Et il faut la saisir. 

Ça serait quoi le conseil que tu donnerais aux jeunes qui sont un peu dans le même cas que toi, qui n’arrivent pas à faire le grand pas à 20 ans ?

De continuer à travailler très dur, de rester sérieux et focaliser sur ses objectifs. L’échec fait partie de la réussite. Ce n’est pas une phrase bateau. Ne pas avoir peur aussi de s’exiler, ce n’est pas forcément en rapport avec mon parcours mais souvent beaucoup ont peur de partir mais non ! Il faut analyser mais ne pas avoir peur.

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