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Michel Poisson : « Je ne peux pas quitter cette terre sans avoir vu Rodez en Ligue 1 »

Michel Poisson lors des 90 ans du RAF le 3 mai 2019

Il y a 30 ans jour pour jour, le 14 mai 1991, Rodez gagnait contre Sochaux en quart de finale de Coupe France, 2 à 1, grâce à des buts de Philippe Bobek et Alexandre Krstic. Michel Poisson, coach emblématique de Rodez qui a hissé le club de la PH à la D2, a accordé un entretien grand format à Paulo Toutain pour AllezRodez.com.

Comment êtes-vous devenu coach de Rodez ?

À Sévérac j’ai commencé à jouer dans la cours d’école. Papa était boxeur, jeune je faisais de la boxe mais j’avais peut-être un punch trop fort (rires). À 17 ans je joue en national au foot à Thiers. Je rentre au Creps de Toulouse en 1970 puis au Creps de Nancy en 1971. Je suis muté en région parisienne en tant que professeur d’EPS en 1972. Je joue au foot à l’ACBB Paris 16ème puis à Palaiseau de 1973 à 1976.
De retour en Aveyron je joue 3 ans à Millau au SOM et la section sportive au collège de Baraqueville est créée sous l’impulsion du président du district monsieur Laporte.
Suite à cela en 1979 le Stade Ruthénois Football me contacte et j’accepte d’être joueur/entraîneur. La suite c’est 8 montées et la D2.
En 1996 Daniel Soulié prend ma place à la section football de Baraqueville et je suis muté à Rodez. La section 2ème cycle est créée au Lycée Monteil.
Nous avons remporté 1 fois le titre de champion de France de foot et 3 fois le titre de champion de France de cross en scolaires avec le collège de Baraqueville.
Avec la section sportive de 2ème cycle au Lycée Monteil à Rodez nous connaissons 3 titres de champion de France et une 5ème place au championnat du monde scolaire au Danemark.

Quel souvenir vous laisse cette demi-finale contre l’OM en 1991 ?

Le 2 juin 1991 est le point d’orgue de toutes ces montées successives. Nous avons touché le top niveau contre le grand OM. Les imprésarios commençaient à approcher les joueurs ruthénois avant le match. C’est à ce moment là que j’ai compris que tout allait basculer.
Sur le match j’ai été impressionné par l’abattage de Jean Tigana. C’était un joueur hors-norme. Il jouait son dernier match.
Pour l’anecdote, le soir du match nous rentrons sur Rodez, puis avec Stéphane Canard nous roulons de Rodez à Clairefontaine afin que je passe mes diplômes d’entraîneur. A mon arrivée à Clairefontaine j’ai eu droit à une standing ovation de Gérard Houllier et des autres entraîneurs. Ce sont de beaux souvenirs.

« C’est le côte humain et l’état d’âme qui font franchir des étapes. »

Avant cette épopée de Coupe de France il y a eu la remontée en D2 en 1990 ?

En 1989 nous descendons en D3 mais nous remontons dans la foulée en D2. Il y a avait beaucoup de pression des médias lors de cette saison 1989/1990. Il y a eu un courage immense des joueurs, du club et des supporters.
La ténacité, cette valeur aveyronnaise, nous caractérisait à cette époque et servira aux joueurs actuels pour monter en Ligue 1.

À ce sujet pensez-vous que Rodez puisse monter en Ligue 1 ?

Je suis fier du club et du travail de Pierre-Olivier Murat et de Grégory Ursule. Je pense que Rodez peut monter en Ligue 1. Je ne peux pas quitter cette terre sans voir Rodez jouer en Ligue 1.
J’espère voir aussi le nouveau Paul Lignon. Quand je rentre dans ce stade, j’ai cette chape de plomb sur les épaules. Il ne faut pas oublier l’âme des anciens et ceux qui ont apporté leur part pour le sport à Rodez tant au foot qu’au rugby, c’est cela qui fait la grandeur d’âme, il faut le respecter.
C’est le côte humain et l’état d’âme qui font franchir des étapes. À Rodez rien ne peut nous arriver, nous n’avons pas peur. Regardons vers l’avenir et croyons à la Ligue 1.

Dans le cadre de vos formations vous avez croisé les meilleurs coachs ?

En effet, Didier Dechamps était au dessus du lot. C’était le meilleur. Jean-Michel Larqué était également au dessus de la mêlé. Eric Mombaerts et Gérard Houiller se distinguaient également lors des formations.
À Rodez Laurent Peyrelade fait un super travail, je lui souhaite le meilleur.

Quels sont les coachs qui vous impressionnent actuellement ?

J’en citerai 3 : Didier Deschamps, Pep Guardiola et Zinedine Zidane. Zinedine Zidane a une humilité qui l’honore et une épouse ruthénoise exceptionnelle.

Pour quels joueurs avez-vous des regrets ?

Je pense à Roger Burguière qui aurait pu avoir une plus belle carrière mais aussi à Tino Ricard stoppé par une blessure alors qu’il pouvait viser plus haut. Il jouait juste et avait un gros volume de jeu. Il était champion de France en cross chez les jeunes. Sa blessure avait marqué tout le groupe.

Comment choisissiez-vous les joueurs ?

Avant la D2 nous cherchions des joueurs de la région afin de créer une identité. Ils devaient avoir une noblesse d’esprit, être dans le tempo et apporter un équilibre à l’équipe.
Je cherchais des joueurs de la Lozère, du Cantal, du Lot et du Tarn pour compléter l’effectif aveyronnais. Par exemple Jeff Pradier venait de Lozère, Rachedi, Braley et Lacoste du Tarn.
Après en D2 Jacques Larqué et Jean-Paul Viguier se chargeaient du recrutement.

« Je demandais aux joueurs d’être proches des supporters. »

Comment vont vos 3 fils Lionel, Maxime et Sébastien, anciens joueurs à Rodez ?

Ils vont bien merci. Maxime avait notamment joué au Mans, en Chine puis avait terminé sa carrière à Dijon. Il s’est reconverti dans le « sport marketing » et le vélo haut de gamme. Lionel est professeur d’EPS et en charge de la section sportive de Salies du Salat. Sébastien est également professeur d’EPS en région parisienne.

Quel était votre philosophie du football ?

Je demandais aux joueurs d’être proches des supporters. La forme d’art la plus belle est de rendre les gens heureux. C’est par le cerveau, le coeur et le corps que le foot et le monde doivent vivre pour évoluer.
Je suis fier de ce lien invisible avec les supporters. L’esprit courtois, la générosité morale, la rigueur et l’équité sont des valeurs primordiales. J’ai essayé d’inculquer ces valeurs à mes joueurs mais aussi aux jeunes en formation.
J’ai côtoyé des gens merveilleux dans le monde du football. J’ai eu des joueurs exceptionnels.
Mais je suis heureux que la nouvelle génération ait pris la place. Le renouvellement est important. Il faut un regard neuf.

Et sur le terrain ?

Je pense que les joueurs sont dans un modèle tactiquement, techniquement et physiquement. C’est pour cela qu’il faut un chef d’orchestre sur le terrain pour donner le tempo, un joueur au dessus.
Je jouais avec des pistons et avec 3 joueurs devant on pouvait faire un pressing et désorganiser les défenses. Je trouve des fois les systèmes trop frileux.
De plus dans la préparation je trouve que certains ne s’adaptent pas à la morphologie du joueur. Un joueur explosif comme Kylian Mbappé ne peut pas s’échauffer comme un autre joueur par exemple.

Un grand merci à Michel Poisson pour cet entretien. Propos recueillis par Paulo Toutain pour AllezRodez.com.

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