Connect with us

Interview

A. Tertereau : « Avec ce groupe, on sera uni à vie »

Photo : Florian Martinez

Quelques jours après l’annonce de son départ du Rodez Aveyron Football, Aurélien Tertereau a accepté de répondre à AllezRodez.com. De la montée en Ligue 2 à la longue blessure qui l’a pénalisé toute cette saison, le désormais ex-meneur de jeu ruthénois n’occulte rien de son passage à Rodez, dont il se souviendra toute sa vie.

Aurélien, avant de parler de ton aventure ruthénoise, peux-tu nous expliquer pourquoi tu n’étais pas dans le groupe face à Grenoble, et comment tu as réagi ?

Alors c’est simple, le club n’avait pas le droit de prendre plus de quatre joueurs sur la feuille de match lors les deux dernières journées, qui n’avaient pas joué une seule minute lors des quatre précédentes. Donc on était cinq avec Grégory Coelho, Alexis Peyrelade, Loic Poujol, Thomas Secchi et moi-même. Le coach a pris la décision de ne pas m’amener moi, dernier arrivé premier sorti entre guillemets (rires). C’est son choix je le respecte. La manière a été un peu délicate et c’est cela qui m’a un peu déçu. Le club n’était pas au courant du règlement et aurait sans doute dû l’être. C’est dommage mais c’est comme cela. J’aurais aimé faire une dernière sortie avec mes coéquipiers mais je n’en veux à personne, et surtout pas au coach. Lui aussi a subi la situation et il était limite plus gêné que moi.

D’un point de vu collectif, comment résumes-tu cette saison ?

Cétait plus compliqué en début de saison. On a eu du mal à trouver nos marques. L’équipe changeait beaucoup et on a essayé un nouveau système qui n’a pas forcément fonctionné. Au final on s’est retrouvé dans une situation délicate, on a manqué de confiance, on a mis du temps à sortir de cette phase là jusqu’à ce qu’on réussisse à trouver un équilibre d’abord en tant qu’équipe puis ensuite sur le terrain. À partir de là, la saison était lancée et on a fait une meilleure seconde partie de championnat.

Et d’un point de vu personnel maintenant ?

J’ai joué la moitié des matchs en tant que titulaire en début de saison donc on va dire que j’étais concerné. Ensuite on a changé de système donc jai changé de place et jai du m’adapter à un nouveau poste. Dans le 3-4-3 il m’a utilisé dans le couloir gauche de l’attaque. C’était un nouveau poste, un nouveau système donc il faut prendre ses marques d’autant qu’on était dans un 3-5-2 qui fonctionnait bien depuis plusieurs saisons. Peut-être que Laurent y reviendra plus tard à ce 3-4-3.

« Pour mes 30 ans je voulais découvrir autre chose, mais je l’avais prévu avant ma blessure. »

Ensuite tu te blesses, et finalement on ne te reverra plus de la saison…

Oui je me blesse et on met beaucoup de temps à faire le bon diagnostic, à trouver ce que j’ai vraiment. Je passe de main en main et personne ne comprend trop. On ne traite pas le bon problème, puis de nouveau pas le bon, donc la période de convalescence grandit. Puis vient le temps de rééducation et de ré-athlétisation et je rejoins le groupe à la mi-avril. Aujourd’hui je vais très bien, je n’ai plus de gênes donc je vais pouvoir revenir à 100% lors de la prochaine saison. C’est ce que je souhaitais.

Quels sont les sentiments qui t’envahissent par rapport à cette blessure ? Des regrets ou plutôt de la frustration ?

Cela fait partie du métier de footballeur. C’est évidemment une phase compliqué mais il faut trouver la force pour revenir et rebondir. Je préfère garder le positif et me dire que ça va me rendre plus fort mentalement et me donner envie de revenir encore plus fort la saison prochaine. Ce qui est dommage c’est qu’au début de ma blessure c’était compliqué. Comme je ne connaissais pas la gravité de celle-ci, je voulais toujours revenir rapidement. C’était dur de ne pas pouvoir défendre mes chances sur le terrain, car c’était ma dernière année de contrat. J’ai toujours été un joueur titulaire donc c’est dommage de finir comme ça.

Aurélien Tertereau avait pris part au match face à Cean à domicile le 12 septembre 2020.

Justement, en parlant de « finir comme ça », est-ce que tu peux nous expliquer comment se sont déroulés ces derniers jours pour toi, pour ta situation contractuelle ?

On a fait un point avec Gregory Ursule et le coach, ils m’ont fait part de leur souhait de ne pas prolonger le contrat. En même temps je les ai prévenu que j’avais aussi de mon côté prévu de me lancer un défi à la fin de cette saison. Pour mes 30 ans je voulais découvrir autre chose, mais je l’avais prévu avant ma blessure. J’aurais souhaité que cela se passe différemment pour moi cette année. Le club m’a aussi fait part qu’il souhaite partir sur un nouveau cycle avec des joueurs plus jeunes. Puis avec la situation financière actuelle le club a aussi besoin de régresser le groupe en quantité.

« On a vécu des choses ensemble qui nous unissent à vie. C’est indescriptible les émotions qu’on a pu partager ensemble pendant toutes ces années. »

Quels souvenirs garderas-tu de Rodez ?

J’ai vécu tellement de bons moments ici. Toute la première année en National (2018-2019, l’année de la montée en Ligue 2, NDLR), c’était exceptionnel, le club pourra encore en parler dans 20 ans. Je ne sais pas si une équipe parviendra à faire ce qu’on a fait sur une saison, en terme de résultats mais aussi en terme d’état d’esprit, d’ambiance. On était une vraie famille. Le match de la concrétisation contre Boulogne-sur-Mer, avec Paul Lignon à guichet fermé, c’était exceptionnel.

Les supporters justement, c’est dur aujourd’hui de ne pas pouvoir leur dire au revoir ?

C’est dommage. C’est pour ça que je relativise ce dernier match à Grenoble parce que de toute façon il n’y avait pas nos supporters. J’aurais vraiment souhaité partir de Rodez sur un dernier match à Paul Lignon, dans un stade plein avec une ovation du public en sortant du terrain. Après je pense que ça n’enlève en rien ce que pensent les gens de moi en Aveyron. J’ai reçu des centaines de messages des supporters qui m’ont fait plus que chaud au coeur. Malheureusement il faut vivre avec ça, c’est dur pour tout le monde. J’espère que les supporters seront rapidement de retour dans les stades. Le sport a besoin du public c’est indéniable.

Laurent Peyrelade a dit samedi soir après le match de Grenoble : « Avant de parler de joueurs on rencontre des hommes », et il avait d’ailleurs l’air ému lors de cette conférence de presse. C’est là qu’on se rend compte que vous étiez un groupe soudé.

On a vécu des choses ensemble qui nous unissent à vie. C’est indescriptible les émotions qu’on a pu partager ensemble pendant toutes ces années, qui plus est qui ont été les plus belles du club. Cela peut paraître dur à comprendre mais l’aventure humaine a été fantastique. Le coach est quelqu’un de sentimental, de très proche avec ses joueurs. On a vraiment tous vécu ça ensemble. Ça ne m’étonne pas qu’il ait été ému samedi soir, il l’était tout autant 1h avant le départ pour Grenoble de me laisser à Rodez. Ça fait plaisir quand même de l’entendre dire ça, c’est quelque chose que tu ne vis sûrement qu’une fois dans une carrière, et tout le monde s’en souviendra à Rodez. Je pense aussi que les gens s’en rendront encore plus compte dans 10 ou 15 ans si le club redescend en National ou en CFA.

Aurélien Tertereau (sur la droite) qui célèbre avec ses coéquipiers le titre de champion de National (2018-2019).

Ces valeurs, celles d’un club familial, humble, au-delà de l’équipe première, ce sont aussi des valeurs que défend le club tout entier. Tu l’as ressentie ?

Oui c’est sûr, en trois ans j’ai rencontré un grand nombre de personnes au sein du club et le partage avec ces personnes là, le respect qu’il y avait, c’était important. Le club est resté très familial dans sa manière d’aborder les choses, même dans l’échelon professionnel. Cela permet aux bénévoles, aux dirigeants, d’avoir une interaction avec le groupe professionnel et c’est là que le RAF se différencie aussi des autres clubs.

La suite, pour toi, elle s’écrit comment ?

Je vais avoir 30 ans, j’ai envie de me lancer un nouveau défi. On discute, mais j’aimerais bien pourquoi pas découvrir une expérience à l’étranger. C’est quelque chose que je souhaite depuis le début de ma carrière. On va étudier toutes les propositions. On laisse les agents faire leur travail. Rien de concret pour le moment mais beaucoup de projets.

Pour les supporters, est-ce que tu as une anecdote à raconter ?

Oui je me rappelle d’une activité qu’on avait faite à Millau. On venait de finir de manger et on attendait sur le parking pour repartir. On était assis dans le coffre du minibus avec la porte relevée, et Ugo Bonnet s’amusait à nous lancer des pierres, assez loin de nous mais dans notre direction. Jusqu’à ce qu’il en jette une hyper haute, qui est bien sur retombée sur la vitre arrière de la porte au-dessus de nous. Du coup gros malaise. Pour lui surtout. Il a dû s’expliquer et s’excuser auprès de Gregory Ursule.

Cliquez pour commenter

Laissez un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Plus dans Interview